Marc Vanrunxt / Susanne Linke [Antwerp / Berlin]

Deutsche Angst / Im Bade wannen / Flut

Deutsche Angst / Im Bade wannen / Flut
Deutsche Angst / Im Bade wannen / Flut

30.03 – 31.03.2007

Un hommage à la danse expressioniste

Au festival d’Avignon 2005, le chorégraphe flamand Mark Vanrunxt a présenté le solo Deutsche Angst, interprété par Etienne Guilloteau, sur une musique de percussion du compositeur états-unien James Tenney. C’était la première fois qu’il créait un solo pour un autre corps masculin que le sien. À partir de son idiolecte d’apaisement et de ralentissement, Vanrunxt retourne avec Deutsche Angst au corps en plein mouvement, un corps qui parcourt un chemin dans l’espace et nous invite à le regarder attentivement. Parallèlement le percussionniste Fedor Teunisse nous invite, par sa présence sur la scène, à écouter. Le vocabulaire gestuel dont Marc Vanrunxt se sert ici renvoie à la source d’inspiration de ses premières créations, à savoir l’Ausdruckstanz d’Europe centrale et le langage corporel expressionniste allemand de chorégraphes comme Mary Wigman.

Afin d’illustrer l’origine de la danse de Vanrunxt, de lui donner une interprétation historique, Deutsche Angst est présenté parallèlement à deux chorégraphies de Susanne Linke, l’une des pionnières – avec Pina Bausch et Reinhild Hoffmann – du Tanztheater allemand, et donc héritière du vocabulaire gestuel expressionniste. Susanne Linke danse elle-même son solo Im Bade wannen, sa chorégraphie la plus connue montrant une femme dans le contexte de son quotidien, plus précisément dans sa salle de bains, face à sa baignoire et à son ennui. En reprenant elle-même cette chorégraphie, qu’elle n’a plus dansée depuis longtemps, Linke lui ajoute une dimension supplémentaire : celle d’un corps vieillissant qui se souvient de gestes et de mouvements évanouis.

Le second solo s’intitule Flut et est interprété par son élève, collègue et complice artistique, Urs Dietrich. Sur la sonate Élégie du compositeur français Gabriel Fauré, qui monte doucement vers un crescendo, Dietrich entame un duo avec une longue pièce de tissu représentant un fleuve ou une rivière. Un homme seul, dialoguant avec un élément de la nature sur l’adaptation et la délivrance, la sécurité et la solitude, l’angoisse et le courage, la genèse et la mort.


Deutsche Angst
chorégraphie Marc Vanrunxt
danse Etienne Guilloteau
percussion Fedor Teunisse
musique James Tenney
scénographie Koenraad Dedobbeleer
production Kunst/Werk
coproduction SACD France, Festival d’Avignon, Champ d’Action (Anvers)

Im Bade wannen
chorégraphie, danse, scénographie Susanne Linke
musique Eric Satie

Flut
chorégraphie, scénographie Susanne Linke
danse Urs Dietrich
musique Gabriel Fauré